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L'application contre le harcèlement sexuel
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Guide d’autodéfense intellectuelle

Dans cette section, on a essayé de mettre à disposition quelques outils pour enrichir ta répartie dans les débats qui peuvent émerger sur le sujet du harcèlement sexuel. Elle reprend les
questions/remarques les plus courantes qu’on peut entendre dans les médias, sur les réseaux ou en société. Bref, on les entend partout et elles semblent souvent “t’en boucher un coin”. Pourtant, lorsqu’on n’est pas pris·e au dépourvu, elles ont des réponses assez simples et concrètes. La liste n’est évidemment pas exhaustive et elle est vouée à évoluer au fil du temps. Les autrices et auteurs de cette section ont, pour la plupart une formation en sciences sociales et se sont efforcé·e·s d’accompagner les propos par des sources non seulement pertinentes, mais pour la grande majorité, en libre accès.

On remercie tout particulièrement l’association Milleseptsans qui a commencé ce recueil bien avant nous et sur lequel on s’est beaucoup basés. Et si tu veux aller plus loin dans la compréhension de ce qui fait un mauvais argument, InformationIsBeautiful a fait une super infographie.

Donc on a plus le droit de sourire ?!

Bien sûr que si, on ne peut que t’inciter à amener du bonheur dans la vie de tou·te·s les passant·e·s en découvrant tes plus beaux chicots ! Mais comme l’ont démontré des chercheurs et chercheuses comme Eckman (dont s’est d’ailleurs inspirée la série Lie To Me), il existe une infinité de sourires pouvant exprimer une infinité de messages. Il va donc de soi que certains sourires sont les bienvenus alors que d’autres peuvent être des insultes inacceptables.

Alors on va aller analyser chaque sourire ?!

Tu le fais déjà, tous les jours, de manière automatique ! En 1972 déjà, Simpson et Crandal démontraient qu’il faut moins de 0.02 seconde pour identifier un sourire. Évidemment, on ne peut pas déceler aussi facilement toutes les subtilités de milliers de sourires différents. Par contre, tu sais très bien faire la différence entre le sourire bienveillant de ta maman et le sourire acariâtre de ta banquière qui t’annonce que t’es à découvert. Au même titre, autant l’auteur/trice que le/la récepteur/trice d’un sourire sait pertinemment lorsqu’il a pour vocation d’objectiver sexuellement une personne.

Alors on peut plus déclarer sa flamme dans la rue ou au travail ?!

Il ne faut pas mélanger les problématiques. Dans le “harcèlement sexuel” ce n’est pas la dimension “sexuelle” seule, qui est problématique. C’est la dimension de harcèlement qui est inacceptable, d’autant plus lorsqu’elle est à caractère sexuel. La lutte n’est donc pas à mener contre le “sexe” en tant que tel, mais contre le harcèlement, quel qu’il soit. Déclarer sa flamme, dans la rue ou au travail, à quelqu’un qu’on connaît, avec qui on a développé une relation de consentement et de respect mutuel est, en général, totalement acceptable. En revanche, où que ce soit, lorsqu’il s’agit d’un·e inconnu·e, même faire sous-entendre une attirance physique, n’est pas acceptable. Il est nécessaire de construire un échange au préalable pour établir une relation symétrique. Au travail, même si on connaît la personne, il faut faire attention aux dynamiques de pouvoir qui peuvent être en jeu… Si votre cœur brûle trop fort pour vous retenir de le dire à un·e collègue, assurez-vous qu’il/elle a toute la liberté de vous signifier son non-consentement et respectez-le ! Une absence de oui est un non.

Donc vous voulez tuer la galanterie en fait ?!

OUI ! La galanterie est morte, longue vie à la politesse ! Quelle que soit la définition, la galanterie est uniquement adressée aux femmes et c’est bien là le problème. À une époque où l’on prône l’égalité
des genres, une forme de courtoisie qu’on adresse uniquement aux femmes n’a pas lieu d’être. Mais le problème qui se cache dernière la galanterie va bien plus loin et est défini par le sexisme bienveillant.
Tu peux en trouver une définition dans le glossaire, mais en gros : le sexisme bienveillant, à travers des remarques ou des actes, a priori, positifs, renforce la position des femmes comme inférieures aux hommes. Les preuves scientifiques ne manquent pas : ça atteint les performances professionnelles les performances cognitives; ça légitime les inégalités de genre. En bref, même si ça fait partie de notre éducation, on doit reconnaître que la galanterie, qui s’apparente à du sexisme bienveillant, ça pue et ça renforce les inégalités de genre. Mais qu’on soit bien clairs, c’est bien la galanterie qu’il faut arrêter, et pas la politesse. Continuons à tenir la porte, mais sans faire de discrimination !

Y en a certaines, vu comment elles s’habillent, ça se voit qu’elles le cherchent !

Quel que soit l’accoutrement des gens, ce sont les harceleurs/euses et non pas les cibles potentielles qui doivent adapter leur comportement. De nos jours, tout le monde a le droit de circuler librement dans les espaces publics sans crainte d’être harcelé.
Dire a une fille qu’elle cherche à se faire harceler en mettant une jupe courte, c’est comme dire à un vendeur de toilettes qu’il n’avait qu’à pas aussi bien les exposer s’il ne voulait pas qu’on vienne se
soulager dans ses modèles d’expo (merci à la campagne de It’s On Us pour l’inspiration). Ça s’appelle du victim blaming et du slut shaming et tu peux en avoir une définition plus précise dans notre glossaire. Toujours en lien avec l’habillement, l’expo “What were you wearing” initiée par l’université du Kansas et reprise un peu partout dans le monde (et déjà plusieurs fois en Suisse) démonte par des témoignages poignants que le viol n’est pas lié à l’habillement de la victime. De plus, ce n’est pas parce qu’une personne cherche à séduire ou même exciter que cela s’adresse à tout le monde, mais peut-être seulement à la personne avec qui elle est ou qu’elle est en train de rejoindre. Finalement, comme le dit très justement la présidente de l’association Milleseptsans : « On ne harcèle pas des tenues vestimentaires; on ne viole pas des tenues vestimentaires, mais on harcèle et on viole des
personnes ! ».

Il se passe des guerres horribles dans d’autres pays et vous décidez de vous battre contre des sifflements dans la rue ?!

Dire qu’“il y a pire ailleurs” est un argumentaire naïf et dangereux. En hiérarchisant les problématiques, on hiérarchise les victimes. Sous couvert de donner de l’importance à une problématique, ce type d’arguments ne fait que l’instrumentaliser pour diminuer l’importance d’une autre. Ce n’est pas parce qu’il se passe des choses horribles ailleurs qu’il faut tolérer des actes “moins graves”. Cette logique est un cercle vicieux qui finirait par faire accepter l’inacceptable.

Bon alors quoi, on va interdire la drague ?! 

Bien sûr que non, t’as cru qu’on voulait pas pécho nous aussi ? Mais il y a une énorme différence entre de la drague et du harcèlement. La drague devient harcèlement quand la personne que tu sollicites ne flirte pas en retour. Un non ou même un silence devrait suffire pour signifier l’absence de réciprocité. La drague, c’est entre deux personnes qui sont consentantes, qui se respectent mutuellement et qui montrent à l’autre qu’elles veulent continuer le jeu de la séduction. Petit conseil gratos, pour la majorité des filles, la rue n’est pas un espace propice à la drague. Draguer dans la rue, c’est ignorer l’intention de la personne qu’y s’y trouve (souvent simplement se rendre quelque part), draguer dans la rue c’est penser que la personne qu’on drague est à notre disposition et il s’agit d’une forme d’objectivation sexuelle.

Depuis quand un compliment c’est du harcèlement ?!

Complimenter, c’est cool. Commenter, ça pue. L’excuse du “vas-y c’était un compliment” n’est que très rarement légitime. Très souvent, derrière le faux compliment se cache un jeu de pouvoir, de domination et d’objectivation sexuelle. Bien que ce ne soit pas toujours assumé, l’auteur·trice de la remarque est très souvent conscient·e de toutes les crasseries qui se cachent derrière son “compliment”… On ne fait pas du sale sans le savoir. Et pour les cas dans lesquels le compliment n’était vraiment qu’adulation et respect, pense au sexisme bienveillant, mais aussi au fait que tu es certainement le 2’845e admirateur de la semaine sur le chemin d’une fille qui voulait juste rentrer chez elle. Et garde à l’esprit, qu’une personne a toujours le droit de se sentir mal à l’aise face à un compliment et remets-toi en question quand elle l’exprime au lieu de mal le prendre.

Bon ça va on n’est pas en Inde ou dans le métro parisien non plus !

Les chiffres établis par la Ville de Lausanne nous montrent qu’en Suisse ça pue aussi ! De plus les résultats que nos analyses prouvent que cela a des impacts très lourds sur les cibles, aussi en Suisse. De plus, on parle beaucoup plus facilement du harcèlement de rue et beaucoup moins du harcèlement col-blanc malheureusement très présent, notamment au travail. De très nombreuses formes de harcèlement sexuel sont moins visibles et plus difficiles à dénoncer pour les cibles ainsi que pour les témoins, notamment à cause des dynamiques de pouvoir en place. Cette façon de faire du harcèlement sexuel une problématique de la rue permet de récupérations racistes et des
argumentaires culturalistes qui ne sont autres qu’une instrumentalisation du combat contre le harcèlement sexuel. Tout comme les mythes sur le viol, il y a des mythes sur le profil du harceleur qui sont totalement infondés. Et tout comme le sexisme bienveillant, les formes de harcèlement moins visibles sont souvent plus insidieuses et néfastes. Encore une fois et pour finir, l’argument du c’est pire ailleurs est simplement fallacieux.

Moi je serais toute fière de me faire siffler dans la rue

Arguments souvent avancés par des personnes qui ont la chance de ne jamais avoir réellement subi de harcèlement sexuel ou de ne pas être confrontées à la magnitude du problème. Or, c’est faux ! Et une fille qui reçoit des compliments reçoit aussi des remarques complètement déplacées, parfois de nombreuses fois par jour. Du coup, elle est découragée ou est super saoulée de faire le tri entre bonnes intentions et Louuuuuurd ! À la longue, la rue est une jungle psychologique où tu dois subir des remarques qui ne te font pas ou plus du tout plaisir. La rue, c’est devenu un espace intimidant. C’est pour ça que, franchement, les compliments c’est peut-être une bonne intention à la base, mais, au final, c’est une attitude perçue comme machiste, car c’est une remarque qui n’est pas sollicitée par la fille dans la rue.

Ces histoires de harcèlement sexuel c’est la porte ouverte aux fausses accusations pour faire virer son

Collègue ou son prof…

Comme l’explique un très bon document publié par le canton de Genève (Violences sexuelles contre les femmes, que faire ?), les procédures de signalement ou de dénonciation, quelles qu’elles soient coûtent toujours plus qu’elles ne rapportent lorsqu’elles sont fausses. Du risque pénal lors d’une fausse déclaration de viol au temps perdu à faire un faux signalement sur EyesUp, le mythe des fausses déclarations est une idée reçue pleine de préjugés sexistes. Une étude de 20107 sur le sujet trouve d’ailleurs que ce genre de fausses allégations est de 5.9%. Pour le reste de la littérature sur le sujet, les chiffres se situent entre 2 et 10%. Si l’on met ces chiffres en relation avec les estimations de la proportion d’agressions sexuelles non dénoncées qui est d’environ 90%, on se rend bien compte que ces idées reçues sur les fausses déclarations participent à dissuader les cibles de parler.

On sait jamais vraiment ce qui se passe entre deux personnes, c’est une zone floue

Lorsqu’il y a harcèlement sexuel, c’est le ressenti de la cible qui compte. Ça peut paraître difficile à accepter pour certain·e·s, mais une personne peut se sentir harcelée, peu importe l’intention de l’auteur. En tant que témoins, il se peut qu’on soit interpellé·e·s par une situation sans oser agir. En cas de doute, il n’y a pas de mal à proposer son aide, que ce soit au travail, au fitness, dans le bus ou dans la rue. N’hésitez pas à aller voir la définition du harcèlement sexuel (cf. Que dit la loi).